Ishiuchi-Maruyama, Ski à Niigata

Publié le par Marc-o

Au départ de la gare de Tokyo-Ueno, le ciel est d'un bleu parfait, le temps sec de l'hiver. Et puis, au détour d'un long tunnel, c'est un autre pays. Le paysage est subitement blanc, des tonnes de neige, un ciel bouché. "Un pays de neige" pour citer Yasunari Kaabata (prix Nobel de littérature évidement bien connu de tous les lecteurs de ce blog). 

Lors de son entrée en gare d'Echigo-Yusawa, le train est acueilli par des jets d'eau. Un peu comme sur ces photos de paquebots entrant dans le port de New York, entourés des gerbes d'eau des bateaux-pompes. Sauf que là c'est un Shinkansen Max plein à craquer de skieurs et c'est au Japon. Les jets d'eau froide, c'est une technique originale pour déneiger. Partout, dans la gare, dans les rues, sur les parkings, on patauge dans cette eau de déneigement.



La quantité de neige est tout simplement phénoménale, alors que l'altitude reste assez faible  - 900 m en haut des pistes. La poudreuse est excellente, légère mais collante et mes skis s'en sortent à merveille.

Lorsque je perd un ski sur le télésiège, un jeune technicien du télésiège m'installe à côté du poële où chauffe l'eau du thé. Il va récupérer ce ski, me fait-il comprendre. Il chausse alors des raquettes d'un autre temps, de bambou et de cordes. Du genre qu'un samouraï n'aurait pas renié. C'est aussi ça le japon : un Shinkansen dernier cri vous dépose au pied des pistes, mais le personnel ne dispose que de raquettes moyen-âgeuses. En tout cas la qualité de service japonaise n'est pas un vain mot : il me ramène mon ski, tandis que j'attend bien au chaud. Un exploit, car compte-tenu de nos niveaux respectifs en japonais et en anglais je n'ai pu lui expliquer où était tombé le ski. Merci !

Je passe sur la musique sur les télésièges et autres éléments kitches qui tiennent plus du parc d'attraction que de la montagne sauvage et pure.



(ça penchouille et c'est totalement déformé, je tenais mon appareil de travers et en contre-plongée, ça ne pardonne pas. L'appareil dans une main, les skis dans l'autre. C'est dommage, mais j'aime bien)

Dans le district de Niigata, point de raclettes ni de fondu à l'issue d'une journée de ski. Après le Onsen réparateur, l'on se rue plutôt sur les champignons et sur le riz de montagne. Des spécialités locales. Le riz de Niigata est très réputé, à la fois pour son "cépage" particulier (le Koshihikari) et pour son "terroir" unique (très arrosé).  Mes japonais ne peuvent s'empêcher d'offrir cette découverte à un français. Ils poussent des ôôôhh et des âââh à la dégustation. Cette curiosité pour l'expérience gustative, pour les spécialités locales est un des traits commun qui scelle la complicité franco-japonaise.

Ce riz semble un régal pour un palais japonais, leurs yeux pétillent. Pour moi c'est juste du riz, préparé à la japonaise : blanc, sans assaisonnement, un peu fade. Du riz comme j'en mange depuis 6 mois ... Eux en rajoutent dans le "hmmmmm". J'ai même droit à une petite moquerie : "Comment ? Un palais français, le plus fin du monde, ne devrait s'y tromper". D'habitude les japonais ne sont ni caustiques ni narquois.

La semaine suivante, je parle de cet épisode douloureux à un collègue japonais, originaire d'une région voisine. Il me pardonne volontiers de n'avoir pu distinguer le Koshihikari du riz de base. Après tout, si peu de japonais sont capables de distinguer un Bordeaux d'un Bourgogne - je n'ai osé lui dire que les français ne font guère mieux. Par contre apprendre que les gens de Niigata se sont appropriés ce riz le courrouce au plus haut point. C'est dans sa région à lui qu'a été inventé cette race de riz ! Région certes voisines, mais qui n'a stri-cte-ment rien à voir avec celle de Niigata  !!

Querelles paysannes de terroirs japonais, à laquelle l'étranger ne peut assister sans penser au village d'un héros de bande dessinée moustachu.

 

(pour les photos, quand y a pas de lumière, y a pas de lumière) 

Publié dans Randonnée - montagne

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greg 04/02/2009 13:52

bonjour

et bien moi, j'aime bien vos photos.
surtout celle prise d'une main ...
je vais lire le reste, je me documente pour un futur voyage au Japon (printemps 2010). D'ailleurs, comme savoir à l'avance la période de fleuraison des cerisiers?
cdlt

Marc-o 13/01/2009 15:32

hi hi
Et tu n'as pas encore vu les photos de la rando raquette de ce we ...

Sol 13/01/2009 11:48

Ces photos sont d'une indécence sans borne! Comment oses-tu?

Je veux aller au ski!!!!

Sol.

momo 12/01/2009 20:06

bonsoir, ou bonjour,

Je me présente je suis étudiant en licence dans une école de commerce vers TOULOUSE.
pour finir mon cursus on me demande de pratiquer un stage de 5 mois?
Je viens de visiter à l'instant tout tes commentaires, photo etc., et tu a l'air de vraiment commencer à connaitre un peu le japon.
Étant donné que le Japon pour moi est un pays que j'idéalise tellement je me permet de te poser la question de savoir si trouver un stage au japons est difficile ou pas..? Et par hasard si tu ne connaitrai pas des informations à ce sujet la..
Je te remercie d'avance.

Marc-o 13/01/2009 03:48


Merci pour ton passage.

Pour trouver un stage au Japon, le plus simple me semble de passer par une entreprise francaise. En general elles te payent le billet, un appart-hotel et de quoi vivre sur place. Cependant, la
periode etant au restriction budgetaire, ca risque d'etre un peu dur.

Sinon cela ne semble pas si dur de trouver un job directement sur place, d'apres certaines personnes que j'ai rencontre.

N'oublis pas d'aller sur les forum specialises genre forumjapon.com


Marie-Claude 10/01/2009 16:49

Bonjour!
Très sympa votre blog. Nous étions en vacances au Japon en mai et c'est un grand plaisir de redécouvrir les lieux visités (avec les couleurs d'automne - super!) et surtout la culture japonaise. Veinard : deux ans au Japon...

Marc-o 12/01/2009 14:33


Merci pour ton passage.
Deux ans, ça risque même de faire un peu court ;o)