Ski de randonnée à Nagano

Publié le par Marc-o

(Suite du post précédent)



Nous partons donc pour l'ascenscion de deux volcans (Mt. Myoko-Maeyama et Mt. Kurohime). Je n'ai pas bien compris s'ils étaient éteint ou en activité. Au loin il y en a un qui fume, les deux hypothèses sont donc plausibles. Une parties des flancs de ceux-ci sont occupés par des stations de ski (Akakura-Kanko), qui nous servirons de base de départ. Tokyo est bien plus pratique que Paris pour le montagnard : départ en voiture le samedi matin, et retour le dimanche soir à une heure décente.

Au Japon certaines stations ont la détestable habitude de passer de la musique sur les pistes. Encore, si c'était du Bach ... nan 'est de la musique pour surfeur. Si à ça on ajoute l'éclairage diurne en cas de brouillard et les distributeurs de automatiques au bord des pistes, ça finit par donner la sensation désagréable d'être dans un parc de loisirs pour urbains plutôt qu'à la Montagne. Là, le plaisir du ski de randonnée prend tout son sens. Loin des pistes, l'aventure.



A la limite du domaine skiable, on tombe nez-à-nez avec une boite au lettre, au milieu de nul part. Le chef de course dépose les formulaires à destination de la police de Nagano que chacun a rempli : groupe sanguin, personnes à prévenir, etc .... Au cas où. On les récupérera au retour.

Point d'atmosphère de haute montagne dans cette course de 1000m de dénivelés. Je m'en doutais depuis mes randos estivales. Dans les alpes japonaises, la végétation monte très haut. Des forêts denses montent jusqu'à 3 000 m. Dans la zone centrale de Honshu, seul le Mont Fuji doit procurer une sensation purement minérale. Le ski de rando devient donc ballade en forêt. Mais une forêt sur les flancs d'un volcan ça monte sec... Et la descente dans les arbres n'est pas de tout repos, il ne s'agit pas de mal calculer son virage. En début de descente la neige est poudreuse, puis devient croûtée en fin de descente. Il doit aussi y avoir le risque que le ski attrape une racine, mais mieux vaux ne pas trop y penser.



Le soir au gîte, le panier à couvert contient onze paires de baguettes et une seule fourchette qui m'est attribuée d'office. Je ne dois pas avoir une tronche à baguette. La salle à manger est tapissée de photo d'une championne de ski. La patronne nous explique que c'est sa fille, elle en est très fière. Elle a tout de même terminé dixième des championnats de la province de Nagano. Apprenant que je suis français elle nous explique avoir convaincu sa fille de partir en vacances en France plutôt qu'en Angleterre. La cuisine y est quand même d'un autre niveau. Tout le monde acquiesce.

J'aime cette atmosphère de province japonaise. L'intérieur de cet "hôtel" en pleine forêt est frustre, peu chauffé. En fond sonore à la télé, un tournois de Sumo au dîner, et un documentaire sur les Nymphéa de Monet au Musée de l'Orangerie (sic)  pour le petit déjeuner. C'est la famille qui fait le service. La volonté de servir, la politesse et les bonnes manière sont bien celles du  japon. La perfection, la sophistication et le brillant tokyoïtes en moins. Dans le même genre, à Happo en décembre, j'aurais bien vu ces deux maladroits qui tenaient le stand de crêpes jouer dans "les pied nickelés font des crêpes". Confus, après m'avoir fait attendre un bon quart d'heure avant de réussir leur première crêpe d'allure correcte, ils avaient fini par me l'offrir. En s'inclinant bien évidemment.

Sur cette photo, au fond à gauche on aperçoit Nagano. Ville qui n'a à ma connaissance pas grand intérêt, à part celui d'avoir un jour accueilli les jeux olympiques.





Publié dans Randonnée - montagne

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David 30/01/2009 16:18

Merci pour ce récit croustillant ;-)

Marc-o 04/02/2009 08:26


Merci pour ton passage !