Hors sujet

Mardi 1 juin 2 01 /06 /Juin 08:00

L'iran n'a rien a voir avec l'idée que je me fait de dictatures comme la L'Iran n'est pas la Coree du Nord ni l'Allemagne de l'Est, du moins pas encore. Certes les emails sont surveillés, internet est filtré, le régime est souvent féroce et sanglant avec ses opposants (surotut recement). Il ne faut pas se faire d'illusions. Et pourtant,  souvent, guère plus de cinq minutes sont nécessaires pour qu'un type rencontré au hasard d'un bazard vous déballe tout ce qu'il a sur le coeur. Khomenei est un démon. Les dernières élections ont ete truquées. Si Allah existait, il nous aurait créé libre. En plus l'islam n'est pas une religion iranienne. Et comme ce qui est bon pour les arabes ne l'est pas forcément pour les iraniens. Et puis vous les français vous avez accueilli Khomenei en exil dans les années 70, vous auriez franchement pu vous abstenir., etc ... 

 

Franchise et tradition d'accueil, c'est ce qui rend ce voyage extraordinaire. Je n'ai pourtant pas l'impression de voyager idiot comme d'autres qui cochent les lignes sur leur liste d'icônes touristiques à "voir absolument dans sa vie". Mais en Iran plus qu'ailleurs les opportunités d'échanges furent telles que j'ai la certitude d'avoir quitté ce pays en ayant appris quelque-chose. Quelque-chose, mais sûrement pas des certitudes. Je vous livre ici de façon découse quelques-unes de ces impressions, passant sous silence la partie "touristique"  - bien qu'elle aussi exceptionnelle.

 

***

 

Je ne m'attendais certes pas a etre acceuilli par des barbues-douaniers-a-Kalachnikov.Je m'imaginait tout de meme devoir montrer un rien pâte blanche. Il n'en fut rien. Douanier charmant. Un coup de tampon.  Et hop me voici en Iran, acceuilli par mon guide de montagne.

 

A peine cinq plus tard en route pour Téhéran, passant devant le pimpant mausolé de Khomenei (ouvert et éclairé 24h/24), il m'explique à quel point ce Khomenei tiens plus du démon que du saint homme. Une catastrophe pour l'Iran cette revolution. Cette franchise a valu a cet ancien ingenieur en maintenance de missiles americains quelques années de prison puis un exil temporaire au ... Japon. Non, je n'avais pas non plus prévu que ça débute de la sorte   

 

 

***

 

L'ex-ambassade americaine de Teheran, siege de la prise d'otage par les etudiants iranien en 1979 (pour les incultes : c'est ici), est un lieu a ne pas manquer. Desormais renome "US Den of Espionage" (ce qu'on peut traduire par "Repaire d'espion americain"), le lieu affiche des slogans anti-americains. Alors qu'en bon touriste je m'apprete a prendre la photo, un jeune iranien m'en empeche. "Pourquoi prend tu cette photo ? Ces slogans ne representent pas ce que nous les iraniens pensont ! Tu donnerais une mauvaise image de l'Iran dans ton pays, ne montre pas ses photos a tes amis".

 

***

 

Les jeunes filles de Teheran defient l'autorite en fleurtant avec les limites. Si elles portent le voile réglementaire, le leur est coloré et ne recouvre qu'une partie de la chevelure. Avec un jean moulant pudiquement masqué par un vêtement transparent, le voile c'est finalement un accessoire de mode pour ces belles brunes au regard fier. Ca ne laisse pas indifférent.  Je n'ai pas vu le hijab à carreau vichy, mais j'ai vu le blanc, le rouge, ou le motif écossais façon kilt.

 

Cette rebélion féminine reste superficielle, me raconte un etudiant en litterature croisé a Yazd. Ces filles vont à la fac, comme lui. On se bat pour le look me dit-il, mais au fond les mentalites restent "au moyen âge" et "risquent de le rester encore des siecles". Pour preuve, lors d'un cours sur la philosophie des lumières a la fac, alors que le prof demande comment devrait s'articuler le religieux et le politique, peu osent imaginer la moindre separation. Cela choque mon interlocuteur. "Nous avons quelques siecles de retard sur la France, pays des lumieres et de la liberte". D'autant plus curieux qu'il y a quelques mois pourtant, apres les elections "volées", les mêmes avaient assistés aux cours le visage ensanglanté, aparamment prêt à se battre pour un peu plus de liberté. 

 

A Kashan, petite ville, ville plus conservatrice qu'Ispahan ou Téhéran, autour du rafraichissant bassin interieur d'une de ces superbes demeures, je tombe sur une visite scolaire. Un groupe d'adolescentes gloussantes, voilées de la tête a pied vêtues comme autant de veuves noires, hesite a m'aborder avant que la plus hardie (ou la plus calée en anglais) ose enfin se lancer. Simple curiosité pour l'étranger. Je demande à prendre la photo. La prof refuse, pour prendre le temps d'enseigner les bonnes manieres à ces jeunes écervellées . C'est pourquoi sur la photo, les hijabs sont serres consciencieusement. (Cette photo est loin de representer la majorite des femmes iraniennes. )

 

Quelques minutes plus tard, je rencontre trois iraniennes. Des jeunes diplomees : une economiste qui reve de travailler dans un banque, une ingenieure chimiste, une ingénieur en électronique. L'une d'elle parle bien anglais. Toutes trois portent le voile noir le plus triste que l'on puisse imaginer. Ce sont elles qui me posent de nombreuses questions, et notamment ce que je pense de leur look. "L'islam est notre religion, même si le gouvernement cesse de nous obliger a porter le hijab en public, nous continuerons à le faire" me disent-elles. Quand à la couleur noir, c'est une simple question de goût.

 

***

 

Dans un vol Teheran-Shiraz, mon voisin la-quarantaine-en-costard revise du vocabulaire d'anglais. J'engage la conversation. Il est juge, travaille donc pour le gouvernement. Lorsqu'il m'invite à passer la nuit chez lui, j'accepte bien volontiers, m'attendant à tomber chez des Ayatollah. Je fini le soir même chez son cousin cousin, sans trop comprendre l'enchainement causal et sans qu'on me demande mon avis. Mon hôte s'excuse, ma chambre est encombrée de bidons. Il fait son propre vin !  Les raisins sont cueuillis dans la nature, du vrai vin bio, "autre chose que vos vins francais". Selon la légende, Chiraz serait la region d'origine du cépage Syrah - Chiraz, ramene du moyen-orient par un croise francais. La region a été fameuse pour son vin exporté vers l'Europe il ya quelques siécles. 

 

On debouche l'unique bouteille restante, un vin un peu jeune certes mais très epais. Ce vin-là a le goût de la subversion. L'alcool est desormais illégal en Iran. Il y a déjà quelques temps que je ne me fait plus d'illusion sur les moeurs dans ce domaine. J'ai alors à ce moment precis encore en tête une migraine brumeuse. De la vodka iranienne goûtée la veille au soir à Téhéran - en regardant un match de foot européen à la télé. Pourtant mon hote de Teheran m'avait raconte combien d'annees il avait fait tenir la seule delicieuse bouteille d'alcool portugais qu'il avait en stock au moment de la revolution. Il en buvait quelques gouttes de temps en temps, croyant ne plus jamais pouvoir se fournir en alcool.  Les temps semblent avoir bien change.

 

***

 

Mon hote de Shiraz est decidement bien subversif : il vit avec sa "girlfriend". Sans etre mariés. Et bien sûr les parents ne sont pas au courant. Il semble loin le temps ou la police des moeurs venait verifier dans les lieux publics si les couples sont bien mariés. 

 

Pas évident de trouver l'âme soeur en Iran. Dans les rues de Chiraz j'observe un curieux embouteillage nocturne. Des voitures de filles et des voitures de garcon, vitres ouvertes. En Iran point de bars ou de boîtes de nuit, pas d'alcool en public. Ce balais, c'est la jeunesse chirazienne qui fricote au prix d'un embouteillage absurde. De toute la ville, seul ce boulevard est bloque. Arrivé a l'extremite du boulevard, lorsque la situation semble s'ameliorer, les vehicules font demi-tour se replongeant avec délice dans l'embouteillage. 

 

***

 

Les iraniens qui m'adressent la parole parlent souvent bien anglais. Lorsqu'ils me convient chez eux, la television sattelite clandestine est souvent en fond sonore (CNN, BBC, France 24 ou des clips indecents representant des femmes qui dansent et qui chantent). Allah etant decidement avec moi durant ce voyage, j'en ete a ces refelxions quand je rencontre devant une mosquee, square de l'imam a Ispahan, des etudiants en ecole coranique. Une ecole coranique dont l'objet est de former des imam pour aller diffuser la bonne parole a l'etranger. Au programme islam, bien sur, mais aussi humanites, sociologie et langues etrangeres.

 

Ils etudient le francais et m'invitent sans tarder a intervenir lors du cours de francais. En fait je pense qu'ils etaient a la peche au touriste francais, une denree rare cette annee puisque je n'en ai pas croise. On ne donne un cours de francais dans une madrasah shiite en Iran tous les jours, j'accepte donc.

 

Le lendemain ce sera donc cours de conversation, avec un cobbaye francophone natif. Le prof parle un francais suranne mais charmant, celui de quelqu'un qui n'a jamais quitte l'Iran. Il parle comme Victor Hugo. Le niveau des etudiants est excellent. "Nous avons des facilites" me font-ils remarquer.

 

On me pose des questions sur les femmes, le voile, ce que je pense des iraniens, si je crois en dieu, ce que pense calvin, etc ... On debat en francais de sujet de fonds et tout le monde n'est pas d'accord. Sur le voile, sujet que j'imaginais brulant compte tenu de la politique francaise, l'un soutien que des theologiens doutent de sa necessite. "Sept etudiants, septs visions du monde" commente fierement le professeur.

 

Je receuille quelques compliments sur l'immense richesse de la litterature francaise, mais pour aussitot me faire noter que la poesie iranienne l'est tout autant. Comme souvent durant ce voyage, je note avec quelle facilite les themes de la religion, de la politique, du regard de l'occident arrivent sur la table. Pas de taboux. On parle du vin, le brevage interdit, ou du paradoxal impact negatif qu'a le regime des Mollahs sur la foie musulmane des iraniens.

 

Par Marc-o - Publié dans : Hors sujet
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 1 février 1 01 /02 /Fév 14:11
Taîwan, le genre de destination qui ne vient pas forcément à l'esprit pour passer ses congés payés... Taïwan ses usines de microprocesseurs, ses embouteillages, ses vélos Giant, et ses ordinateurs Acer. Les missiles chinois braqués sur elle, aussi.

J'ai cette destination dans un coin de la tête depuis un article trek de Montagne Magazine. Une brochette de quasi-4000 à gravir ! Cela nécessite un peu d'organisation car l'accès au plus haut sommet,  "La Montagne de Jade", est restreint par quotas et tirages au sort. Mais cette fois-ci Taïwan c'était juste une destination évasion, pour échapper à l'enfer de Hong Kong le temps d'un Week End, en voisin.

Un petit air de Japon sur cette île. Et ce n'est pas juste parce que j'ai regardé les livres d'histoire (cultures autochtones assez prochec des cultures des îles du sud le l'archipel nippon, et 70 ans de colonisation japonaise). Les temples ressemblent plus  à ceux de Hong Kong, la cuisine de rue aussi .... Pas de shintoïsme ni de Yakitori, donc. Mais cette manière de s'incliner en remerciant, ce sourire pour accueillir le client, ces ados aux tenues parfois stupéfiantes dans un quartier qui a des airs de Shibuya - toute proportion gardée. J'allais oublier ce niveau d'anglais catastrophique !

Je n'ai pas de monnaie pour acheter un jeton de métro, un jeune homme me propose son aide. L'appareil ne fonctionnait pas, il finit par me payer mon billet. Celle-là on ne me l'avait encore jamais faite ! On dit que l'étranger est le bienvenue ici, car venir ici c'est déjà reconnaître que Taïwan et sa culture existent. Des touristes au nez aussi long que le mien, je n'en n'ai pas croisé beaucoup.

(désolé pas un grand week end de photo, temps pas terrible)

new-0096-vblog.jpg


new-0037-vblog.jpg


new-0073-vblog.jpg


new 0015-vblog
Par Marc-o - Publié dans : Hors sujet
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 17 décembre 4 17 /12 /Déc 08:00
Je suis un peu en retard, ces photos datent un peu.

Un passage à Osaka que j'ai beaucoup apprécié. Au début juste une base d'exploration de Kyoto, logé chez des amis japonais. Pour les couleurs d'automnes. J'étais passé à Osaka, seul, il y a presque un an et demi, sans vraiment succomber : une ville japonaise en apparence "typique". Une sorte de Tokyo-bis, en moins bien, maglre tout ces osakaien qui vous racontent toujours qu'Oasaka c'est different. Une sorte de Marseille japonais - de fait de nombreux comiques japoanis viennent d'osaka et leur accent  y est pour beaucoup.

Mais cette fois-ci, ce sont de vrais osakaien qui m'ont fait découvrir cette ville. Notamment le quartier de Shinsekai et sa tour Tsutenkakku. Un quartier dédié aux loisirs et aux jeux. Pour preuves ces nombreuses restaurants, bouibouis et salles où l'on joue au Shogi, un genre de jeux d'échec. C'est dans ces moments-là que j'apprécie de ne pas être un touriste lonely-planet de passage, mais un expat (un peu) intégré. 

new_0326-vblog.jpg


new_0341-vblog.jpg

Dans Dotonbiri nous tombons sur un de ces nombreux temples. Toi aussi, tu peux aussi arroser la tête du bouddha me dit-on. Je refuse, je me vois mal singer un rituel sans en connaître la signification. "Bah nous non plus on ne connaît pas la signification" ! Une autre illustration de cette contradiction entre une apparente ferveur - si l'on en croit le nombre de temples, les rituels, etc ...- et le fond.

new_0390-vok.jpg

Par Marc-o - Publié dans : Hors sujet - Communauté : Voyages et culture Japonaise
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 4 octobre 7 04 /10 /Oct 08:00
Pas facile de découvrir un pays en seulement six jours sur place. J'ai juste eu le temps de potasser un numéro de National Geographic et un autre de The Economist acheté à l'escale de Hong Kong. Pratique pour se faire une idée de la situation religieuse, surtout quand on tombe en pleine fin du ramadan.

La fin du ramdan ce n'est pas qu'une sérieuse perturbation du voyage - pas de bus, nombreux services fermés, etc .. - c'est aussi une grande fête populaire dans les rues de Yogyakarta. L'après-midi notre becak nous raconte que lui c'est un "free muslim", pas comme ces "extrémistes" qui vont défiler ce soir. Lui ne refuse pas un petit verre d'alcool de temps en temps, nous confie-t-il l'air complice. D'autres seront ravis qu'on s'intéresse à leu culture et à leu tradition.

A premier abord, points d'extrémistes dans cette grande fête populaires qui se poursuivra très tard. Mais plutôt des groupes d'enfants et d'adolescents, qui ont préparés des costumes et des corrégraphies pour défiler dans la ville et tenter de remporter le trophé - car c'est aussi un concours. 




L'humour et les clins d'oeils sont nombreux, comme ce premier groupe dont le char est une botte de baton de dynamites "Islam is not Terrorism". L'image d'un islam tollérant qui ne fait de mal à personne et qui fini par s'irriter d'une image dégradée auprès des occidentaux - ce char est venu défiler sous les fenêtres des guesthouses pour touristes occidentaux. 

Pour le second, des filles armées de kalachinkovs en bois enacadrés par des malabars encagoulés, j'imagine que c'est encore du second degré et que le message est identique au précédent. Le troisième se passe malheureusement de comentaires et écorne un peu la joie et la bonne humeur de la soirée - j'ai du mal à penser que cela puisse être pris au second degré.









Plus de photos ici.
Par Marc-o - Publié dans : Hors sujet - Communauté : images du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 17 septembre 4 17 /09 /Sep 08:00
Oui, c'est blog sur le Japon, mais je me permet de raconter aussi mes escapades dans le coin. Enfin, Kashgar, capitale culturelle du Turkestan Oriental (Xinjiang) est tout de même presque à mi-chemin entre Paris et Tokyo. 5h de vols à l'intérieur de la Chine avec mes 35kg de bagages (dont mes skis). Ce n'était peut-être pas la bonne année, mais  le désert du Taklamakan j'en ai rêvé, avec Ella Maillart et d'autres. Il fallait donc saisir l'occasion.

Le voyage commence par une rencontre avec Danny à l'aéroport de Beijing Capital. Jeune business-woman chinoise branchée sur blackberry. Mignonne et souriante comme une japonaise, elle part en business trip à Hong Kong. On fait le même métier et on a les mêmes aspirations. On échange nos cartes de visite - euh enfin pas moi, je n'ai pas pris de cartes de visite.

Une autre ambiance à Kashgar : pas de communication internationale, internet coupé.  Des camions comme celui-ci patrouillent en permanence, fourrés aux soldats chinois avec une mitraillette et un regard méchant. D'autres sont postés devant la Mosquée Id Kah. En plus, ils ne veulent pas être pris en photo. 



Ce déploiement de force ne semble guère troubler la quiétude du vieux Kashgar. Lorsqu'on est comme moi passé en Ouzbékistan et au Kirghizistan on ne peut qu'être frappé par la similitude des physiques, des attitudes, des caractères. Lorsque je me ballade dans le vieux Kashgar, il ne faut pas longtemps pour être invité à prendre une photo, à boire du thé ou un infame tord-boyaux chinois - les ouighours sont musulmans, mais ça n'empêche rien. Nous n'avons pas de langue en partage, mais on se débrouille. S'ils sont différents des chinois han, la diversité des visages est grandes. Certains ont les yeux verts. 



Un jeune ouighour nous raconte que nous venons du paradis. Là-bas en France le gouvernement ne coupe pas le téléphone ou internet pour un oui pour un non. "On m'a longtemps raconté le contraire, mais  un jour je me suis aperçu qu'il y a là-bas en Turquie des gens qui me ressemblent, pensent de la même manière que moi et parlent une langue proche de la mienne".

Rencontré dans un fastfood chinois de Kashgar, un jeune han travaillant pour le gouvernemet me raconte qu'il "n'aime pas les ouighours", parce que "ils sont pauvres" et qu'en plus "ils ne font rien pour s'en sortir". Certains Han sont très réceptifs à la propagande ambiante : "heureusement l'armée est là pour nous défendre. Chaque nuit il y a des agressions dans la vieille ville. Des gens disparaissent". D'ailleurs, nous autres les touristes on ferait mieux de ne pas s'y aventurer seul dans cette vieille ville.

Le contraste est donc vif entre chinois Han et Ouighours. Les deux communautés cohabitent plus qu'eles ne se mélangent. Les ouighours semblent accrochés à un mode de vie immuable et paisible tandis que les Han sont là pour faire de business. J'ai l'impression que ce sont eux qui tiennent l'économie moderne - les magasins à l'occidental de l'avenue R, par exemple. Aux Ouighours le petit artisannat, la vielle ville de brique, etc ... Il est vrai qu'en tant que touriste on a plutôt tendance à prendre fait et cause pour les Ouighours, tant les relations avec les Han sont sèches, leurs attitudes déroutantes.  J'ai cependant pu m'apercevoir que cela ne présage de rien (comme je le raconte ici).



De grandes saignées dans la ville sont assez répandues. Heureusement les nouveaux bâtiments récents ont abandonné le style stalinien pour un style plus locale, de brique et aux allures orientales.




Parti pour descendre me frotter a désert du Taklamakan et pousser un peu plus loin sur la route de la soie vers Yarkand, je prend un bus régulier. Au premier check point, ça se termine au poste de police. Passeport oublié. 

On va chercher l'anglophone de service, un jeune agent de police chinois qui parle très bien anglais - ça m'a beaucoup rappelé mon arrivée dans un refuge en montagne japonais ou dans un hôpital japonais. L'interrogatoire commence mal, il m'apprend que mon nez est "trop petit pour être celui d'un français". On ne la lui fait pas à lui, les français ont le nez long, c'est bien connu. D'autant que l'appareil photo et le Lonely planet (sic) laissent penser à mes geôliers que je suis un journaliste. Pas de passeport, journaliste, menteur ... mon compte est bon. Surtout avec les événements récents.   

Finalement mon traducteur est partagé entre sa curiosité et son devoir de me cuisinier. Il se montre finalement intrigué par les détails de ma vie privé. C'est quoi mon métier, combien je gagne, si j'ai une voiture, etc .. Bref on finit par papoter entre amis, sous les yeux du tortionnaire en chef qui n'y voit que du feu puisqu'il ne pipe pas un mot d'anglais. 

Ma proposition de bon sens sera acceptée, j'irais entre deux policiers chinois récupérer mon passeport à l'hôtel.

Plus de photos de Kashgar et des environs  ici.
Et une sélection
Par Marc-o - Publié dans : Hors sujet - Communauté : images du monde
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Liens

Calendrier

Juillet 2014
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Présentation

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés