Shiretoko, extrême japon

Publié le par Marc-o

Les week-end japonais sont souvent des mécaniques bien huilées. Mais cette fois-ci, à Hokkaido, en partance pour le grand nord japonais ( la péninsule de Shiretoko) on est tombé sur un os. Sitôt le train à vapeur parti, les sirènes façon alerte aérienne retentissent. Alerte au Tsunami chilien. "Tsunami", un mot facile à comprendre en japonais. Adieu la traversée du parc de Kushiro Shitsugen et ses oiseaux, il faudra prendre le bus. Les tsunamis chilien du Japon s'en prennent aux trains diesel, mais épargnent les trains à vapeur et les bus.

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Ce train spécial circule tous les jours en février depuis une dizaine d'année entre Kushiro et Shibesa. Un autre train spécial longeant la côte de Shari à Abashiri permet d'admirer la banquise. A Shiretoko, une aurore boréale artificielle un peu kitsch est proposé par les hôtels. Tout cela sens le piège à touriste, la filière machiavélique.  Sur les hauteurs de Nikko, le "Yuki Matsuri" (festival des neiges) consiste à allumer des bougies dans la neige. Pas désagréable, certes, mais de là à faire des publicités dans le métro de Tokyo. 

Le package week-end inclu l'avion et l'hôtel avec le Onsen. De l'extérieur, un hôtel souvent digne d'un supermarché, mais très confortable à l'intérieur.On croise ses voisins entre onsen et restaurant, en Yukata et en pantoufles. Le personnel est pléthorique et affable.

Je me demande ce que sont venu faire ces gens ici à Shiretoko. La seule véritable attraction c'est la banquise, les phoques. Les photos du hall de l'hôtel en temoignent, la banquise était encore là il y a deux semaines, avec toute la troupe (les phoques, les morses, etc ...) mais elle s'est depuis "évaporée". Trop chaud. Il ne restait donc plus que l'aurore boréal artificielle pour s'occuper. Mais installée au bord de l'eau, un Tsunami chilien a forcé à l'annuler elle-aussi.

Le lendemain, dans le parc national classé Unesco nous ne croisons qu'un guide et ses deux clients. Un site Unesco desert au Japon. Il faut dire qu'"on" fait tout pour décourager les aventureux. On nous a d'abord dit que le parc est "interdit" sans guide. Après négociation au téléphone, on avait eu droit à "oui, c'est interdit, mais bon c'est marqué nul part, alors dites que vous ne saviez pas ..." J'ai déjà noté à plusieurs reprises ces interdits qui n'en sont pas, mais que peu de monde remet en causesur le Mont Fuji ou ailleurs. J'imagine que c'est simplement pour dissuader les foules aventurières, et les japonais jouent rarement les "esprits forts" pour contourner ces supposés interdits.

C'est donc en fraude que nous partons pour les cinq lac de Shiretoko. Six heures de raquette dans un froid intense et venteux. Pas de paysages grandioses, impossible d'apercevoir la Russie des îles Kouriles, faute de beau temps. Mais des animaux nombreux et peu farouches : lièvres, renards et cerfs. C'est bien la première fois que j'assiste à un combat de cerf, j'entend encore le bruit des bois qui s'entrecoquent.

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Le lendemain nous prenons les services d'une accompagnatrice en montagne pour une ballade en raquette. Une guide qui ne se déplace jamais ni sans sa longue vue pour observer les animaux, ni sans sa bombe anti-ours. Le même modèle que la bombe anti-agression que glissent certaines parisiennes dans leur sac-à-main, mais modèle ours. En vente dans toutes les bonnes superettes de Shiretoko.

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(blog de l'accompagnatrice ici)

A Shiretoko, l'ours est une image de marque autant qu'une menace. Il ne s'agit pas du petit ours de Honshu mais d'une espèce équivalente au Grizzli. On peut l'observer l'été depuis des passerelles en bois, manger un hamburger à la viande d'ours (sic) ou ramener sa viande en boîte de conserve à Tokyo.

L'inévitable photographe patiente sur l'arrête par -10°C, raquettes au pieds à côté de son équipement lourd. Il attend encore la lumière, bien qu'il ai déjà réussi sa journée. Ce matin à 5h il a réussi à capter sur la pellicule les premières lumières du jour, diffusées par la neige dans l'atmosphère. Comme des centaines de diamants en suspension, nous explique-t-il. Heureux qui comme un japonais à fait une belle photo.

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Le soir retour vers Tokyo, la mégalopole ultime. 

Publié dans Randonnée - montagne

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Olivia du BOUËXIC 02/05/2010 21:39


hé, alors, toi aussi tu avais ton repousse-ours ??? Le danger est il réel dans ces zones du Japon ?

A+
Olivia


HO_la_Tokyoïte 25/04/2010 14:57


Magnifique !!
Je n'y suis pas encore allée mais je crois que Hokkaidô est vraiment à découvrir. J'en ferais un projet pour l'été pour reprendre de la fraîcheur, et à la vue de ton article, je me dis que l'hiver
ne serait pas mal non plus !
Merci à vous


Hélène 25/03/2010 12:14


Salut ! ton blog est vraiment super, j'ai appris beaucoup de chose sur le Japon et les japonais grâce à toi !!
Merci et bonne continuation !

Hélène


sebastien 24/03/2010 23:40


Superbe blog qui ma refait voyager au Japon pedant quelques instants !

bone continuation !